Démission de Nicolas Hulot : une année utile, des enjeux immenses.

Démission de Nicolas Hulot : une année utile, des enjeux immenses.

Nous avons participé à l’élaboration du programme écologique d’Emmanuel Macron car nous pensons qu’un développement durable ne peut se déployer que dans un cadre européen et mondial assumé auquel il proposait d’insuffler un nouvel élan.

Comme Nicolas Hulot. Sa  démission est donc une décision qui nous attriste et nous voulons tout d’abord lui rendre hommage.

Son courage et sa lucidité ont fait sa force dans l’action qu’il a menée depuis un an au sein du Gouvernement. Le Président de la République a eu raison de lui confier cette tâche. Nous ne voulons pas faire ici un inventaire, mais l’action de Nicolas Hulot au Gouvernement depuis un an a été utile : des décisions importantes ont été prises, des dynamiques ont été lancées sur tous les fronts, en application du programme du candidat Macron.

Pourtant la tâche est vaste et nous avons le devoir de regarder vers l’avenir et de tirer de cette décision les enseignements qui nous permettront de faire plus, de faire mieux. C’est ce à quoi nous appelle Nicolas Hulot.

D’abord, des enjeux importants se profilent dans les prochaines semaines et les prochains mois : la PPE, le plan mobilité, la sortie du glyphosate, la Cop24 . C’est grâce à l’application de  mesures concrètes, au respect de dates clés, aux arbitrages prenant en compte le long terme que nous progresserons. A nous collectivement de faire en sorte que les pas soient toujours plus rapides, plus ambitieux, pour chaque mesure, chaque date à atteindre. Car, tous les scientifiques le disent, le temps nous est compté et il faut aller vite sur chaque front.

L’exercice des responsabilités depuis un an par Nicolas Hulot pose la question plus profonde des priorités. C’est d’ailleurs celle qu’il a posée. L’écologie doit-elle être au cœur du projet de société, au cœur de la définition de notre monde futur ou bien seulement, l’une des contraintes à intégrer pour poursuivre la croissance du passé?

Si l’on croit, comme le Président de la République, que la lutte contre le changement climatique est une priorité et une condition de la paix et de la prospérité du monde, alors le sujet de fond est la transformation de notre modèle économique, de nos modèles productifs industriels et agricoles. Car ceux-ci sont aujourd’hui encore incompatibles avec le maintien d’un climat vivable et de la biodiversité nécessaire à la survie de notre espèce. La transition écologique ne peut réussir que si elle devient un objectif partagé par tous les ministères et un objectif collectif du Gouvernement. Ce doit être également un objectif européen et les élections prochaines doivent donner la priorité à ce débat.

Cette question de la transformation du modèle productif doit être reconnue comme un objectif clé du Ministère de la Transition Ecologique, en collaboration avec l’ensemble des autres ministères. En particulier avec  le Ministère de l’économie qui doit fonder les leviers de la transition, notamment fiscaux.

On entend enfin des commentaires sur l’expérience difficile des ministres issus de la société civile, sur leur prétendu « idéalisme », leur manque de sens politique, leur méconnaissance des codes. Ce serait pourtant une erreur que d’abandonner la vision d’ouverture à la société civile portée par le Président de la République. Elle est l’un des éléments clés de cette autre façon de faire de la politique que nous avons incarnée  lors des élections de 2017. Et l’écologie à plus été portée par la société civile que par les politiques qui sauf rares exceptions ont toujours retardé les décisions vitales dans ce domaine, n’en déplaise à tous les récupérateurs de la démission de Hulot.

Celle-ci nous incite, comme il nous le demande, à regarder en face les vrais enjeux : la transformation profonde de nos modes de vie et de production et la refondation définitive et partagée par tous d’une économie transformée par les enjeux de la durabilité.

Les membres du Conseil d’Administration de TEEM, au nom de l’association.

 

2 réactions au sujet de « Démission de Nicolas Hulot : une année utile, des enjeux immenses. »

  1. Trop incompris par l’ensemble de la population qui privilégie le pouvoir d’achat à l’avenir de communautés à venir;voir lundi les lobbys (les retraités entre-autre)qui ne jurent que par le pouvoir d’achat et nous empêche de voir les réalités qui se profilent.C’est maintenant que nous allons nous rendre compte et qu’il a raison.
    Il nous faut tous dès maintenant poursuivre son combat et ne pas se mentir à soi-même

  2. Nous sommes tous responsable de son découragement.
    Raillé, mal mené par les médiats »Il n’a pas de résultat » ,ses efforts ne son pas mis en valeur,il avale des couleuvres,c’est la meilleur façon d’encourager les passifs qui le sont restés.

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