Le point sur l’interdiction de tous les plastiques jetables en 2040

Le point sur l’interdiction de tous les plastiques jetables en 2040

Lors de la discussion en séance publique du projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire à l’Assemblée nationale, un amendement du groupe LREM qui fixe une date d’arrêt de mise sur le marché des emballages en plastique jetable en 2040 a été adopté. Certains internautes se sont émus d’une date lointaine.

Le Gouvernement est déterminé à lutter contre la pollution plastique. Des mesures concrètes d’interdiction de certains accessoires en plastique facilement substituables (pailles, verres ou assiettes jetables, couverts jetables, bâtonnets mélangeurs pour boissons, etc.), qui entraînent la pollution de nos plages et de nos paysages, sont d’ores et déjà prévues dans la loi dès le 1er janvier 2020. Le projet de loi anti-gaspillage prévoit de nouvelles mesures d’interdiction tels que les boîtes en polystyrène expansé au 1er janvier 2021, mais aussi les jouets en plastique distribués dans les fast-food ou les sachets de thé en plastique au 1er janvier 2022.

L’amendement est majeur par son périmètre extrêmement large. Cette mesure concerne le quotidien de chacun car le plastique à usage unique c’est le tube de crème ou de dentifrice, le bidon de lessive ou javel, la bouteille de shampoing etc.

Cette mesure est également majeure pour l’industrie puisque le plastique à usage unique y est utilisé sous de très nombreuses formes, comme le film étirable qui sert à emballer les marchandises dans les entrepôts par exemple.

Pourquoi 2040 ? Est-ce loin ?

Il s’agit de la période nécessaire et indispensable pour transformer en profondeur nos façons de consommer et de produire : il ne suffit pas de faire disparaître les bidons de lessive des supermarchés, mais il faut s’assurer que la lessive soit vendue en vrac ou que ses contenants soient consignés.

Nous ne commencerons pas à travailler en 2039 pour atteindre l’objectif de 2040. C’est pour cela que nous avons besoin d’une méthode : cela fait 60 ans que nous vivons dans une société de consommation basée sur le tout jetable. Cette transition est majeure.

Pour parvenir à cet objectif, nous posons des jalons avec des plans de réduction d’utilisation et de réemploi et de recyclage du plastique jetable fixés par décret pour la période 2021-2026 puis pour chaque période consécutive de 5 ans. Il faut mobiliser les filières de production de ces emballages, les distributeurs qui en ont aujourd’hui besoin, les chercheurs qui travailleront sur des solutions de remplacement, les utilisateurs dont le confort ne doit pas être impacté.

Ces plans quinquennaux seront déterminés par concertation avec les ONG, les industriels, les collectivités et les associations de consommateurs afin que les objectifs soient réalistes et les solutions crédibles.

5 réactions au sujet de « Le point sur l’interdiction de tous les plastiques jetables en 2040 »

  1. Bonjour,
    Vous allez progressivement « supprimé » les assiettes, les couteaux, fourchettes, etc…en plastique au niveau de la France. Le gros du paquet de ces plastiques sont fabriqués en Chine et importé en France. Comment aller vous faire ? Interdire les exportations ?
    Cordialement
    JP Greck

    1. Dès lors que leur utilisation, et donc leur vente, seront interdites en France et en Europe, leurs importations cesseront naturellement. Aucun commerçant censé importe des articles interdits à la vente.
      Mécaniquement leur production diminuera d’autant là où elle a lieu.
      Et vous avez parfaitement raison de mettre le doigt sur les émissions délocalisées, que nous devons absolument contribuer à réduire.

  2. L’interdiction des verres en plastique à usage unique doit être générale et ne pas concerner uniquement les particuliers. Je n’aurai plus le droit d’acheter des verres en plastique pour aller me faire un pique-nique avec des copains en forêt. Mais, lorsque celui-ci servira de contenant pour la vente d’une boisson, il ne sera pas interdit. Regardez tous les verres de bière vides que l’on retrouve le lendemain de la fête de la musique dans les rues.
    Interdire les verres en plastique aux particuliers mais pas aux commerçants, c’est faire semblant de prendre une mesure écologique mais sans bousculer les vrais acteurs de la pollution. Lors des évènements de sécheresse, vous n’avez plus le droit de laver votre voiture chez vous… mais les stations de lavage commerciales continuent à plein régime. C’est « business as usual », comme on dit dans le domaine du changement climatique.
    Une vraie volonté écologique ne se traduit pas par des demi-mesures en 2040!

    1. Bonjour,
      Pourquoi dites-vous que seule la vente aux particuliers sera interdite ? Nous parlons bien de tous les plastiques à usage unique. D’ailleurs la restauration à emporter est un point d’attention particulier : aujourd’hui le taux de recyclage des déchets des particuliers est supérieur à celui de la restauration à emporter, dont les emballages terminent trop souvent dans la nature ou dans des poubelles non triées. L’objectif est de favoriser l’emploi de contenants réutilisables, bien avant 2040, de nombreuses solutions existent déjà et de plus en plus de commerçants les acceptent. Mais la généralisation de ces solutions va impliquer une lourde adaptation du secteur (par exemple des systèmes de distributeurs automatiques) mais aussi des consommateurs (somme nous prêts à nous déplacer avec nos « gamelles » ou préférons-nous des contenants consignés ?).
      Beaucoup de questions, mais la direction est claire et la volonté de faire les choses en profondeur est bien là.

      1. Si j’ai bien compris les subtilités de la loi, le verre en plastique que j’achète moi-même pour mon pique-nique sera prohibé dès le 1er Janvier 2020… mais pas celui qui m’est fourni par un commerçant comme « emballage ». Exemple, la bière vendue dans les rues lors de la fête de la musique ou de toute autre manifestation publique.
        C’est bien pour cela que j’affirme que la volonté de changement n’est pas au rendez-vous.
        Dans le même ordre d’idée, les commerçants sont censés faire payer les sacs plastiques qu’ils fournissent à leurs clients. Si vous pouvez me trouver un marchand sur un marché de France qui respecte cette règle, faites-moi signe.

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